CIMALE version NERA (Nouvelle Édition Revue & Augmentée, vient de paraître)

12,00 €

Quelque-part entre le « col Perdu » et ce lieu maudit que des marchands de rêve nommaient « cirque de la Solitude », là-haut dans le Filosorma se dresse un abri incertain, unique refuge sur ce tronçon banni de toute randonnée.

Tremble, randonneur égaré : il existe un « GR interdit ». Malheur aux intrépides qui passeraient outre !

Ici, dans cet endroit rayé de la carte, on ne trouve rien : ni câbles ni balises, pas la moindre aire de bivouac. Hormis « Cimale », un gîte de fortune tenu par Jean-Loup le berger, enfin… le faux berger. Un margoulin exclu des foires artisanales, reclus dans ce repli du monde où il guette le badaud.  Avec ses chèvres réformées il dit qu’il fait du bon fromage, il vend aussi de la « salciccia » à la remballe.

Et puis il y a Merien et Silvia, un vieux couple venu en pèlerinage sur le lieu de leur première rencontre – c’était il y a quarante ans, jour pour jour. Ils réaliseront, mais un peu tard, que cet endroit coupé du monde est devenu méconnaissable, et qu’il s’en passe de belles. Les aventuriers qui montent jusque-là sont trop bizarres, extatiques ou renfrognés. Et puis les soirs d’orage, même les animaux ont des comportements étranges…

(Pour en savoir plus, lisez l’interview de l’auteur dans l’onglet “Informations complémentaires”, interview bientôt disponible en PODCAST)

Quelque-part entre le « col Perdu » et ce lieu maudit que des marchands de rêve nommaient « cirque de la Solitude », là-haut dans le Filosorma se dresse un abri incertain, unique refuge sur ce tronçon banni de toute randonnée.

Tremble, randonneur égaré : il existe un « GR interdit ». Malheur aux intrépides qui passeraient outre !

Ici, dans cet endroit rayé de la carte, on ne trouve rien : ni câbles ni balises, pas la moindre aire de bivouac. Hormis « Cimale », un gîte de fortune tenu par Jean-Loup le berger, enfin… le faux berger. Un margoulin exclu des foires artisanales, reclus dans ce repli du monde où il guette le badaud.  Avec ses chèvres réformées il dit qu’il fait du bon fromage, il vend aussi de la « salciccia » à la remballe.

Et puis il y a Merien et Silvia, un vieux couple venu en pèlerinage sur le lieu de leur première rencontre – c’était il y a quarante ans, jour pour jour. Ils réaliseront, mais un peu tard, que cet endroit coupé du monde est devenu méconnaissable, et qu’il s’en passe de belles. Les aventuriers qui montent jusque-là sont trop bizarres, extatiques ou renfrognés. Et puis les soirs d’orage, même les animaux ont des comportements étranges…

(Pour en savoir plus, lisez l’interview de l’auteur dans l’onglet “Informations complémentaires”, interview bientôt disponible en PODCAST)

FILANCIU (vient de paraître)

Interview d’Olivier Collard, auteur

Réalisée par Alexandra Thiers, Community manager chez Alex Digital Connect

Podcast de la duologie Cimale/Filanciu (partie 1) enregistré en avril 2026 à ATOM Studio

 

—   Alexandra Thiers : Olivier Collard, vous avez publié une vingtaine d’ouvrages, pour la plupart des romans noirs ou policiers. Avec « Cimale » et « Filanciu » vous inaugurez un nouveau registre : le nature writting. Pourquoi ce changement ?

—   Olivier Collard : La nature a toujours eu une grande place dans mes romans, ancrés pour la plupart dans la ruralité.

—   AT : Comment ce choix s’est-il imposé ?

—   OC : Quand j’ai commencé à écrire je vivais dans une maison de village à l’orée de la forêt. Mes intrigues se partageaient donc entre un village corse et l’univers farouche qui l’enserrait : cette forêt de tous les dangers, qui pousse les angoissés à taguer « Fora ». Mes romans ont toujours combiné sociologie et « nature writting ». Récemment, j’ai ressenti le besoin d’exprimer mon amour pour la nature plus intensément.

—   AT : De quelle manière ?

—   OC : En ancrant mes intrigues dans ces espaces naturels qui ont forgé l’âme corse : la montagne. « Cimale » se déroule sur un tronçon fermé du GR 20 où la nature a repris ses droits.

—   AT : « Cimale », ça veut dire quoi au juste ?

—   OC : À la base, nid de corbeaux. Mais dans le contexte ce terme désigne un bivouac sommaire, mal famé.

—   AT : Un lieu interlope où il s’en passe de belles ! Cet ouvrage vient d’être réédité dans une nouvelle version. Peut-on parler de succès littéraire ?

—   OC : Comme le Cursinu — éditeur indépendant & insoumis — travaille toujours sans diffuseur, l’expression « succès littéraire » n’est pas de mise. Il n’est pas non plus question de mouise, puisque ce roman est allé au retirage chaque année depuis sa parution.

—   AT : Mais la maison d’édition qui vous publie est toute petite, je suppose que les tirages sont confidentiels ?

—   OC : Un titre phare comme « Cimale » est tiré à 500 exemplaires par an, c’est notre seule façon de maintenir des petits prix.

—   AT : 10 € l’ouvrage, c’est à souligner ! J’espère qu’à ce prix-là ils se sont tous vendus ?

—   OC : En septembre dernier, lors d’un festival organisé sur le thème du nature writting, j’ai signé les derniers exemplaires. Que j’avais laborieusement récupérés dans les points de vente les jours précédents.

—   AT : Quelque-chose m’échappe : si ce livre marche aussi bien, pourquoi le réécrire ?

—   OC : On ne se refait pas : mes romans, je les réécris tous. C’est plus fort que moi.

—   AT : Dois-je comprendre qu’à un moment donné, vous n’êtes plus satisfait de votre travail ?

—   OC : Quand je termine un roman, j’ai tellement tout donné que je me sens épuisé, fébrile. Je m’en remets alors à la sagesse des vieux adages : « le mieux est l’ennemi du bien ». Et aussi : « il faut laisser le temps au temps ».

—   AT : « Laisser le temps au temps » ? Dans un métier rythmé par des échéances comme l’édition de livres ? En Corse qui plus est, où l’économie est tributaire d’une forte saisonnalité ? N’est-ce pas contradictoire ?

—   OC : Un livre n’est pas un produit jetable, il est vivant. Après sa venue au monde, les personnages qui l’habitent continuent d’exister, ils ne sont plus en moi mais évoluent avec moi. Lorsqu’ils sont à maturation, je n’ai même pas besoin de réfléchir pour leur donner davantage de corps, de tessiture. Comme je connais déjà leur avenir, prendre en compte ce qu’ils vont devenir s’impose alors comme une évidence. La réécriture est un travail plaisant : j’ai juste à suivre mon instinct.

—   AT : Si je comprends bien, au cours de la réécriture vos personnages évoluent en fonction de ce qui les attend. Un peu comme s’ils suivaient leur destin ?

—   OC : Je ne vous apprendrai pas qu’en Corse le fatalisme est omniprésent.

—   AT :  Mais quand même, cette cohésion d’ensemble ne les rend-elle pas trop prévisibles ?

—   OC : Comme la plupart sont borderlines, le lecteur n’est pas au bout de ses surprises. J’aime explorer leurs zones grises, rendre leurs contours plus indécis, passer des faux-semblants au règne des contre-évidences.

—   AT : Mais je croyais qu’une fois qu’un livre était publié, on n’y touchait plus ?

—   OC : Dans les grandes maisons parisiennes, sans doute. Le Cursinu m’offre cette liberté qu’aucun magnat de l’édition ne m’aurait accordé : concoctés avec passion, mes romans se bonifient avec l’âge. Pour qu’ils deviennent des « long sellers », et pas des livres qui deviennent caduques en fin de saison, ils doivent en passer par une cure de jouvence. « Cimale » n’y a pas coupé.

—   AT : Pourquoi trois ans après ?

—   OC : Question de recul. Si la littérature est l’incessante métamorphose des émotions, un auteur doit savoir les dompter. Laisser le temps agir permet de garder la tête froide. Porter un roman à maturation est un travail tout en maîtrise, réalisé après mûre réflexion, par petites touches.

—   AT : Justement, l’intrigue ne semble pas avoir changée tant que ça. Les personnages se sont affirmés, mais c’est bien la même trame.

—   OC : Quand on refait la déco, on ne touche pas à la structure du bâtiment. Une fois la pièce débarrassée de l’armoire normande et des vieux bibelots, on évite de la surcharger. C’est pareil avec l’épure d’un texte : pour changer de style, pas besoin d’en rajouter. Ce qui compte, c’est d’ajuster la couleur de l’émotion.

—   AT : Vous n’avez pas profité de cette nouvelle version pour corser l’affaire ?

—   OC : Non car l’intrigue fonctionnait bien.

—   AT : Comment en être sûr ?

—   OC : En saison je dédicace 4 ou 5 fois par semaine. S’il y a quelque-chose qui cloche, mes lecteurs me le disent. Mes lectrices, surtout.

—   AT : Autre chose : vous venez d’écrire « Filanciu », la suite de « Cimale ». Mais à part ça vous n’êtes pas feuilletoniste. J’aimerais comprendre…

—   OC : J’ai horreur des héros récurrents, qui sont parfaits et hors du temps. Au sein de ma galerie de personnages, cabossés pour la plupart, certains passent des hivers trop calmes. Ils demandent donc à revenir pour une nouvelle aventure.

—   AT : Ces deux romans peuvent se lire séparément ?

—   OC : Pourvu qu’on les prenne dans le bon sens sans faire l’impasse sur le second.

—   AT : C’est donc une suite ?

—   OC : Les deux intrigues sont indépendantes et très différentes, mais « Filanciu » serait un peu la face B de « Cimale ». Pour qu’ils se répondent comme un écho, j’ai dû jeter des passerelles.

—   AT : Comme celle de Spasimata ? Qu’on croit reconnaître dans un de vos récits ?

—   OC : Mes personnages y passent, effectivement.

—   AT : C’est une passerelle  ‘à peine’ connue, aux allures de carte postale. Pourquoi ne pas la nommer ?

—   OC : L’intérêt de l’histoire ne réside pas dans l’énumération des spots touristiques. S’attarder sur cet endroit incontournable du GR20 ne collait au rythme de l’intrigue, dont le moment charnière se situe un peu avant.

—   AT : Ce périple au ton parfois cocasse se présentait sous de faux-airs bucoliques, avant de basculer vers une intrigue beaucoup plus sombre. Quel est le point de bascule ?

—   OC : Le moment charnière de « Cimale » se situe un peu avant la célèbre passerelle. Sur le tronçon fait de câbles et de ponts de singes à la sortie de Carrozzu. C’est là où le récit, jusque-là construit en trompe l’œil, plonge le lecteur dans l’univers du roman noir. Prenant un rythme plus soutenu, de plus en plus haletant.

—   AT : Effectivement, après une phase d’observation où le ton semble enjoué, tout s’accélère d’un coup. Mais pourquoi à cet endroit précis ? Qu’a-t-il de si particulier ? Est-ce le degré de difficulté ?

—   OC : Ce n’est pas un passage difficile, en tout cas pas par temps sec, pourtant il m’a donné bien du tracas.

—   AT : Pourquoi ce fil à retordre ?

—   OC : Comme je tiens à être dans le vrai, j’ai pour principe de venir sur place, d’arpenter tous les sentiers où passent mes personnages.

—   AT : Un travail long et méthodique !

—   OC : Ça aurait dû. Mais sur certaines portions où la prudence était de mise, comme ce dévers glissant juste après Carrozzu, je n’avais pris aucune note, préférant m’agripper aux câbles.

—   AT : Vous écrivez tout en marchant ?

—   OC : Je m’évade. L’air pur de la montagne m’oxygène le cerveau, faisant défiler des histoires dans ma tête. J’écris une fois rentré chez moi, pourvu que je retrouve le cheminement mental qui m’animait pendant le trek.

—   AT : Comment faites-vous pour retrouver le fil des mois, voire des années plus tard ?

—   OC : J’ai besoin de très peu de notes pour me replonger dans les histoires que j’imagine sur les sentiers, quelques mots bien choisis suffisent. Mais là, après Carrozzu, subsistait une zone d’ombre, puisque je n’avais rien noté.

—   AT : Vous ne pouviez pas vous fier à votre mémoire ?

—   OC : Je me souvenais juste que les refuges manquaient d’eau, ne servant que de la bière aux non réservataires. Et qu’à Vaccaghja, l’eau de la cuve était tarie, remplacée par la tournée du patron. Ajoutez à cela une nuit agitée à cause des vaches carambouilleuses…

—   AT : Vous dormez à Vaccaghja et vous n’aimez pas les vaches ?

—   OC : Ce n’est pas ce qui me meut. Je vous raconte la nuit en bergerie ?

—   AT : Je ne voudrais pas manquer ça !

—   OC : À cause de la chaleur diurne extrême prolongée par l’effet du ratafia, j’avais laissé ma tente entrouverte. Pendant mon sommeil trop court, j’ai reçu de la visite. Une paire d’yeux globuleux portant un intérêt plus qu’ordinaire à ma musette.

—   AT : En somme, vous nourrissez les vaches, elles nourrissent votre imaginaire. Cet échange de bons procédés doit enrichir vos romans ?

—   OC : Cette anecdote a fini en scène coupée.

—   AT : Dommage. Pour quelle raison l’avez-vous enlevée ?

—   OC : Elle avait un côté folklorique qui desservait mon objectif : écrire du vrai.

—   AT : Écrire du vrai ? C’est à dire ?

—   OC : Comme vous le savez, je mets un point d’honneur à ne décrire que les sentiers que j’ai réellement pratiqués.

—   AT : Vous n’avez pas choisi la facilité.

—   OC : C’est le prix à payer pour tendre vers la justesse.

—   AT : Désolée, il y a quelque-chose je ne comprends pas… Avec tout le mal que vous vous donnez pour écrire vos romans, quel était le problème de « Cimale » dans sa version originale ?

—   OC : En réalité il n’y en avait pas vraiment : quand je suis retourné à Carrozzu, 3 ans plus tard, j’ai observé attentivement, je me suis replongé dans la scène, je me suis même chronométré. J’ai alors ressenti un immense soulagement : cette scène qui me causait tant de tracas fonctionnait. L’endroit où l’on entrevoyait le refuge était situé un peu plus loin que dans mes vagues souvenirs, mais cette fenêtre existait bel et bien. Mieux encore : elle se trouvait au bon endroit. Le personnage central de mon roman étant plus véloce que moi, la synchronisation était parfaite : c’était raccord !

—   AT : D’accord pour le raccord. Mais à propos de synchronisation… Pourquoi 3 ans après ? Si vous aviez un doute, n’était-il pas préférable de le lever plus tôt ?

—   OC : Mon retour sur ce tronçon a mis plus de temps que prévu. Une nouvelle récidive, des dédicaces estivales plus nombreuses, les canicules de plus en plus longues, les orages de plus en plus fréquents… Ça a mis le temps qu’il fallait, et c’est très bien comme ça : cette réécriture de « Cimale » est arrivée pile au bon moment.

—   AT : C’est-à-dire ?

—   OC : Juste après l’écriture « Filanciu ». Ainsi j’avais les deux en tête.

—   AT : Il sera question de « Filanciu » dans le prochain podcast. On y reparlera de « Cimale », puisque les deux font la paire, mais aussi de « Filanciu », qui plongera le lecteur au cœur de l’Alta-Rocca. Alors à très bientôt ?

—   OC : Cù piacè, à a pròssima !

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La seconde partie de l’interview — bientôt disponible en PODCAST — se trouve dans le descriptif de “FILANCIU”

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Crédits :

ATOM Studio : anothertypeofmusic.com

Alex Digital Connect : alexandrathiers20@gmail.com

U Cursinu Éditeur : www.editionsducursinu.com