FILANCIU (vient de paraître)

12,00 €

De retour en Corse, Merien et Silvia s’engagent sur le Mare a mare Sud.
Une randonnée bucolique pour fuir le syndrome de la bouée, taire le désamour. Mais le sentier se referme.

Un solitaire qui rôde, bizarre et renfrogné.

Deux rappeurs en goguette, infects.

Une joggeuse fracassée, amnésique.

Et ce filanciu qui déchire le ciel, sifflant comme un avertissement : mettez-vous à couvert !

Or la Jet-Set Porto-Vecchiaise aime passer outre.

Alors ça tombe.

Accidents ou agressions, un clair-obscur dans l’épaisseur du silence.
Les gens d’ici observent la règle des trois singes, mais un écho se répand dans l’Alta-Rocca : « l’ange-rapace », ombre humaine ou oiseau de proie ?

Quand ses ailes claquent dans votre dos, soufflant sur votre nuque, il est trop tard.

Alors la marche devient traque.

Nouvelle enquête pour le tandem au bord de la rupture.
L’ultime, qui peut le dire ?

« Les histoires d’amour finissent mal ». En général.

(pour en savoir plus, écoutez l’interview de l’auteur disponible en PODCAST — également au format texte — dans l’onglet “informations complémentaires”)

De retour en Corse, Merien et Silvia s’engagent sur le Mare a mare Sud.
Une randonnée bucolique pour fuir le syndrome de la bouée, taire le désamour. Mais le sentier se referme.

Un solitaire qui rôde, bizarre et renfrogné.

Deux rappeurs en goguette, infects.

Une joggeuse fracassée, amnésique.

Et ce filanciu qui déchire le ciel, sifflant comme un avertissement : mettez-vous à couvert !

Or la Jet-Set Porto-Vecchiaise aime passer outre.

Alors ça tombe.

Accidents ou agressions, un clair-obscur dans l’épaisseur du silence.
Les gens d’ici observent la règle des trois singes, mais un écho se répand dans l’Alta-Rocca : « l’ange-rapace », ombre humaine ou oiseau de proie ?

Quand ses ailes claquent dans votre dos, soufflant sur votre nuque, il est trop tard.

Alors la marche devient traque.

Nouvelle enquête pour le tandem au bord de la rupture.
L’ultime, qui peut le dire ?

« Les histoires d’amour finissent mal ». En général.

(pour en savoir plus, écoutez l’interview de l’auteur disponible en PODCAST — également au format texte — dans l’onglet “informations complémentaires”)

MICCA (vient de paraître)
Vos entrailles à nos chiens

Interview d’Olivier Collard, auteur

Réalisée par Alexandra Thiers, Community manager chez Alex Digital Connect

Podcast de la duologie CIMALE-FILANCIU (partie 2)

enregistré en avril 2026 à ATOM Studio

 

—   AT : Olivier bonjour, la dernière fois on a parlé de « Cimale » et aussi de « Filanciu », aujourd’hui on va faire l’inverse. Difficile pour moi de distinguer ces deux romans tant ils sont liés. Mais priorité à votre petit dernier. Quel nom lui avez-vous donné ?

—   OC : « Filanciu ».

—   AT : Ce qui signifie ?

—   OC : Milan royal.

—   AT :  Un milan royal qui ouvre de nouveaux horizons à vos personnages.

—   OC : « Filanciu » se déroule sur le Mare à mare Sud, entre Purtivechju et Baracci.

—   AT : D’entrée de jeu, le ton semble blasé, désabusé. Pour quelle raison ?

—   OC : Le personnage central, un originaire, fils et petit-fils de berger ayant servi toute sa carrière au Continent, débarque dans la Cité du Sel à la fin août. Sa vision de la Corse n’est plus celle de la montagne, mais du tourisme de masse, et de la société de consommation.

—   AT : Vous n’aimez pas non plus la Jet-Set ?

—   OC : Je décris ce que mes personnages voient. En Corse, on se réclame d’un agropastoralisme que peu de gens ont connu. Cette mutation de la société depuis le règne de l’argent roi a de quoi interpeller les amoureux de la nature, dont je pense faire partie.

—   AT : Ce roman semble d’emblée plus tendu que le précédent. Notamment l’ambiance au sein du couple, délétère. En tant qu’auteur, comment le situez-vous ?

—   OC : Je pense que « Filanciu » est du même tonneau que « Cimale ». ça va crescendo : plus la tension est palpable, plus dure sera la chute. Pas forcément celle qu’on croit : à ce qu’il paraît, le twist final vaut le détour.

—   AT : Vous parlez de « twist final », comme dans un thriller ?

—   OC : « Filanciu » est plus proche du roman noir puisqu’il s’achève sur un cliffhanger.

—   AT : C’est-à-dire ?

—   OC : Un fin suspendue. Mais juste avant cette fin ouverte, j’ai imaginé un rebondissement ultime qui devrait surprendre.

—   AT : Le succès de « Filanciu » est donc assuré ?

—   OC : C’est à double-tranchant. En tout cas il y aura du suspens, à commencer par la réaction des chroniqueurs.

—   AT : Seriez-vous fâchés avec vos prescripteurs ?

—   OC : On est dans un système de surproduction où les rouleaux compresseurs font la loi. Un roman surcodé et surreprésenté sera forcément mieux compris, mieux accepté, que celui d’un auteur de l’ombre sortant des sentiers battus.

—   AT : À force de mettre en scène des personnages fatalistes, le seriez-vous devenu ?

—   OC : Je crois que le créatif aura toujours une longueur d’avance, mais que « là où va la pente, va la courge ».

—   AT : C’est-à-dire ?

—   OC : Une ‘sérial lectrice’ habituée à chroniquer à toute blinde des ouvrages bien calibrés sera sans doute déconcertée par ce final inhabituel : combinant twist final et cliffhanger. Enfin on verra bien.

—   AT : Revenons à « Cimale », dont la réécriture n’en finit pas de m’intriguer. Alors cette fois, il est parfait ?

—   OC : Ses tares sont miennes. Qu’entendez-vous par perfection ?

—   AT : La version 2026 de « Cimale », entièrement revue, est désormais exempte d’incohérences ?

—   OC : J’en ai laissé au moins une.

—   AT : Vous vous donnez du mal pour tout réécrire, et vous laissez une coquille ?

—   OC : Je l’ai fait sciemment.

—   AT : Comment ça ? Vous trompez vos lecteurs ?!

—   OC : L’accès au « GR interdit » que je dévoile dans Cimale n’est pas erroné, juste alambiqué.

—   AT : C’est fait exprès ?

—   OC : Oui. En suivant les pylônes du téléski, il y a peu de chances que les non-initiés bifurquent au bon endroit et retrouvent la trace du GR interdit, comme par enchantement. Il existe un accès beaucoup plus simple, entre une table de pique-nique et un ruisseau à franchir à gué, mais je ne le dévoile pas dans le roman. Je ne voudrais pas inciter mes lecteurs à enfreindre l’arrêté préfectoral.

—   AT : Vous par contre, ce n’est pas un arrêté qui vous arrête. Qu’est-ce qui vous a poussé sur ce tronçon débalisé et déséquipé ? Le goût du risque ?

—   OC : J’ai gâché une randonnée et gaspillé une nuitée d’hôtel à Ascu Stagnu, ça prouve bien que j’accorde du prix à la sécurité.

—   AT : Racontez-moi.

—   OC : Avec mon éditrice adorée, nous étions partis la veille de Bastia pour accéder aux Cascittoni. Pas pour les franchir, car les cordes appartiennent aux guides professionnels, et l’intérêt de l’intrigue réside ailleurs que dans l’exploit sportif, heureusement pour moi ! Comme j’avais déjà entrevu les Cascittoni en remontant de Tighjettu, je voulais observer ces cheminées par le côté nord.

—   AT : Tout ce périple juste pour regarder ?

—   OC : Scruter des lieux farouches m’aide à m’y plonger mentalement, afin d’imaginer une suite cohérente à mon récit.

—   AT : C’est donc ce que vous avez fait ?

—   OC : Aux premiers frimas on a fait volte-face. Écoutant notre courage qui ne nous disait rien, on a dévalé la pente à tavuletta jusqu’à Ascu Stagnu. Les Cascittoni, c’est envisageable uniquement par temps sec. Et encore, il faut rester très vigilant : les nuages masqués par les cimes rocheuses peuvent débouler très vite !

—   AT : Les Cascittoni, improprement nommées « Cirque de la Solitude » — vos notes en bas de page sont un plaidoyer en faveur des toponymes ! — constituent le point d’orgue « Cimale ». Qu’est-ce que cet endroit, aujourd’hui fermé, possède de si particulier ?

—   OC : Le « nature writting » s’intéresse aux grands espaces, autant que possible préservés de l’activité humaine. Comme ce tronçon est fermé depuis une dizaine d’années, la nature y a repris ses droits. Alors, si vous préférez la nature farouche aux « autoroutes pour gros mollets », venez donc aux Cascittoni : vous serez servis ! (…) Enfin n’y allez pas en vrai puisque c’est défendu. Laissez-vous plutôt porter par « Cimale » : ce livre est un tapis-volant !

—   AT : Et vous le vendez bien. « Cimale », un lieu imaginaire ?

—   OC : Oui et non, puisque c’est l’ancien refuge d’Altore. Dont il ne reste pratiquement rien.

—   AT : Comment expliquez-vous ce coup de cœur pour un refuge aujourd’hui rayé de la carte ?

—   OC : En 1986 nous faisions le GR 20 avec la femme de ma vie et un couple d’amis. Nous étions tout juste sortis de l’adolescence, pas de l’âge bête en ce qui me concerne, et sans le sou. À l’approche des refuges nous faisions un détour pour éviter de nous faire repérer.

—   AT : Vous avez donc resquillé ?

—   OC : Pour autant que je me souvienne, le camping sauvage était toléré à l’époque. Nous avons bivouaqué dans le secteur peu après l’incendie criminel qui avait dévasté le refuge d’Altore.

—   AT : J’imagine que ce spectacle était désolant ?

—   OC : On ne l’a pas vu de nos propres yeux, mais de notre bivouac sauvage on sentait l’odeur âcre de bois brûlé. Les jours suivants, « Radio GR » (les randonneurs croisés) ne parlait que de ça. C’était la première fois qu’on mettait le feu à un refuge de montagne, cet incident avait marqué les esprits. Des témoins nous ont décrit ce qu’ils avaient vu. Sans se douter qu’un jour, je consignerais ce drame dans un de mes romans.

—   AT : Un roman qui vient de très loin, avec cette graine plantée il y a quarante ans.

—   OC : Mon amour pour la Corse, et pour celle qui partage ma vie n’est pas qu’un coup de foudre : il vient de très loin.

—   AT : « Cimale », c’est le roman d’une vie ?

—   OC : Pas de la mienne, puisque j’y mets en scène un couple qui se déchire. Et qui revient sur les lieux de ses premières amours à la recherche d’un improbable déclic.

—   AT : Pour écrire un roman aussi intense, en s’imposant des contraintes pour le moins exigeantes, le crapahut, il faut vraiment le vouloir. Qu’est-ce qui vous a le plus motivé ?

—   OC : Le goût du défi. Un défi que je me suis lancé lorsqu’une vilaine boule sur ma colonne vertébrale m’a nargué, caquetant que la montagne, c’était bientôt fini pour moi. Il n’en fallait pas plus pour ressortir mes bâtons de marche. Et par la suite, pour me remettre à écrire.

—   AT : Quel est votre refuge favori : la marche, ou l’écriture ?

—   OC : Ces deux activités complémentaires s’enchaînent logiquement. Pour être légitime dans l’écriture je dois d’abord partir en repérage. Quitte à retrouver des lieux disparus, comme l’ancien refuge d’Altore.

—   AT : Mais s’il a disparu, comment l’avez-vous retrouvé ?

—   OC : Les vestiges de l’ancien refuge se trouvent à quelques encablures d’Ascu Stagnu, tout près du Lac Perdu. Mais il faut vraiment être dessus pour les voir car il n’en reste que les fondations, et encore…

—   AT : Tout ce périple pour voir des ruines ?

—   OC : Oui, des ruines ravinées.

—   AT : Était-ce vraiment nécessaire pourciter ce lieu dans un de vos romans ?

—   OC : Faire du terrain pour nourrir mon imaginaire est pour moi une évidence. Ce qui a disparu, je l’imagine. Et ce qui est caché, je tâche de le découvrir : rien n’est trop beau pour mon lectorat !

—   AT : Vous vous donnez beaucoup de mal malgré une santé dégradée. Vous n’avez pas l’impression d’en faire un peu trop ?

—   OC : Comme je me sens très redevable envers mes chers lecteurs, je paye de ma personne.

—   AT : Vous parlez de l’écriture comme d’un dur labeur. À la base, c’est tout de même une passion ?

—   OC : Aujourd’hui, tout le monde ou presque voudrait écrire son livre, et cette tendance s’est accentuée depuis le confinement. Seulement voilà, écrire un livre ne peut pas être aussi simple que ne le suggèrent les plateformes.

—   AT : Vous êtes fâché avec l’autoédition ?

—   OC : Surtout avec ce qu’elle est devenue.

—   AT : C’est-à-dire ?

—   OC : J’ai expérimenté l’autoédition il y a 20 ans, à une époque où c’était une véritable aventure éditoriale.

—   AT : Et alors ?

—   OC : J’ai beaucoup appris. Ça n’a duré qu’une saison. Le temps de trouver un lectorat qui s’est avéré fidèle, une stratégie pour contourner un système saturé et cadenassé, et me lancer pour de bon.

—   AT : Une expérience éphémère…

—   OC : Je ne renie pas le jour des petites choses. Mais quand je vois à quoi l’autoédition ressemble depuis l’avènement des plateformes et de l’IA, je n’en pense pas le plus grand bien.

—   AT : Que reprochez-vous aux plateformes ?

—   OC : Il n’y a aucun frein, aucune régulation, à défaut de critères qualitatifs qui seraient forcément très subjectifs — mais nécessaires — j’estime que les plateformes devraient être tenues pour responsables de leurs contenus, parfois odieux.

—   AT : Si vos livres se vendent aussi bien sans le soutien d’une véritable structure, c’est forcément qu’ils plaisent. Malgré ce succès, vous ne jouez pas à l’écrivain. Pourquoi une telle posture alors que vous avez publié plus d’une vingtaine d’ouvrages, dont la plupart vont au retirages chaque année ?

—   OC : J’ai peut-être certaines facilités pour l’écriture, mais soyons clair : je ne suis pas touché par la grâce. D’autant que l’écriture exige une énergie considérable que j’ai peut-être perdue. J’ajouterais que pour moi, le «nature writting » n’est pas un exercice de style : il faut d’abord faire du terrain. Bien connaître son territoire.

—   AT : Le moins que l’on puisse dire, c’est que vous le faites à fond. Du coup, vous publiez beaucoup moins. Ces repérages préalables ralentissent-ils vos projets d’écriture ?

—   OC : Hélas, je n’ai pas une santé de fer. C’est fini l’époque où j’écrivais deux livres par an. Aujourd’hui, je suis à la peine. Mon dernier roman se passe sur le Mare à mare sud, un sentier moins exigeant que la partie nord du GR 20. Mais sauvage : on y a croisé très peu de monde.

—   AT : Mais ces étapes sont décrites dans les topos-guides, et vous vous astreignez à faire le parcours. Pourquoi un choix aussi exigeant ?

—   OC : Mes lecteurs méritent mieux que du topoguide romancé. Si j’en ai sué sang et eau, ils le sentent. Tant pis si mon rendement a chuté, ce qui compte, c’est d’être dans le vrai. Dans le « True Nature Writting ».

—   AT : Quelle est la différence entre « Cimale 2026 » et sa version originale ?

—   OC : Les personnages ont évolué, comme s’ils tendaient inéluctablement vers leur destin. Il y a peut-être plus de fatalisme — et quoi de plus fatal que le désamour ? — mais tout est dans le non-dit. J’ai privilégié le mode implicite.

—   AT : Beaucoup de travail pour des nuances. Ça en valait vraiment la peine ?

—   OC : Oui, ne serait-ce pour le final de « Filanciu ».

—   AT : Cette fin pas comme les autres pique ma curiosité. Pourriez-vous m’en dire davantage ? Sans termes anglais, de préférence.

—   OC : Un dévoilement final prenant tout le monde à contrepied exige de préparer le lecteur, le conforter dans le règne des évidences pour mieux le surprendre.

—   AT : Et ça fonctionne à merveille. Vous avez un truc ?

—   OC : Avant de s’imposer comme une flagrance, ce coup de théâtre doit venir de loin. C’est en écrivant la dernière ligne de « Filanciu » que j’ai décidé de réécrire « Cimale ». Pour le plus grand plaisir de mes lecteurs, ou pour les poignarder. Quand ils liront la chute de « Filanciu ».

—   AT : Vous voulez poignarder vos lecteurs ? 

—   OC : La fin de « Filanciu », qui combine renversement ultime, fin suspendue ainsi qu’un coup de théâtre dont je ne peux rien dévoiler devrait en surprendre plus d’un.

—   AT : J’avoue que c’est une fin iconoclaste. Inédite peut-être ?

—   OC : Comment le savoir ? Il en sort tellement.

—   AT : En résumé, vos personnages ont évolué. Afin de préparer le lecteur au final de « Filanciu » qui lui réserve une « Big surprise » ! Pardon : une grosse surprise. Peut-on parler de duologie ?

—   OC : C’est un peu ça, oui. Ces deux histoires sont liées comme le vieux couple qui les incarne. Elles se tournent le dos, mais font la paire.

—   AT : Et elles finissent comment ?

—   OC : Comme les histoires d’amour : mal, en général.

—   AT : Vous ne faites jamais de happy end ?

—   OC : Attendez-vous à l’inattendu.

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La première partie de cette interview — bientôt disponible en PODCAST — se trouve dans le descriptif de “Cimale” (Nouvelle Édition Revue & Augmentée de mars 2026)

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Crédits :

ATOM Studio : anothertypeofmusic.com

Alex Digital Connect : alexandrathiers20@gmail.com

U Cursinu Éditeur : www.editionsducursinu.com